La peur au ventre creux

J’entends des bruits en provenance de la cuisine, mais j’habite théoriquement seul. Doucement, je me lève. Il est 3h12 du matin. Je sors de ma chambre en évitant de faire le moindre bruit.
Il n’y a qu’un couloir qui me sépare de la cuisine dont l’intérieur m’est caché par une porte à demi close, la lumière est allumée. J’entends le bruit caractéristique du beurre qui crépite dans une poêle, puis deux coups et un gros « splash  » répétés plusieurs fois de suite.
La main tremblante, mais le coeur vaillant, je pousse la porte de la cuisine, préparé au pire.
La vision est cocasse, un homme est en train de se préparer des oeufs sur le plat dans ma cuisine. Le brave homme, occupé à surveiller la cuisson, ne remarque pas ma présence.
Je suis très embêté de le déranger, si je lui demande : « Monsieur, que faites-vous dans ma cuisine ? », il va me regarder et me répondre : « Mais vous le voyez bien, bougre d’andouille, je fais des oeufs sur le plat « .
Je prends le parti de me faire remarquer sans dire un mot. Je donne quelques coups sur la porte déjà ouverte de la cuisine. Il a entendu, se retourne et me dit : « Bonjour Monsieur ». Ne manquant pas de savoir-vivre, je lui réponds moi aussi : « Bonjour Monsieur ».
Il semble un peu distrait, et quelques secondes plus tard, il se rend compte de mon étonnement.
« Oh, excusez-moi, j’ai pris la liberté d’entrer chez vous pour me préparer des oeufs sur le plat, mais maintenant que vous êtes levé, j’espère que vous voudrez bien vous joindre à moi pour ce petit repas nocturne.
-Mais comment êtes-vous entré ?
-La porte était ouverte.
-Oui, mais mon cher, je ne la laisse ouverte que pour les voleurs qui voudraient me dérober ou les assassins qui voudraient venir m’égorger. Voyez-vous, je suis un amateur de grands frissons, et si j’avais voulu que le premier venu entre et se prépare des oeufs sur le plat dans ma cuisine, croyez bien que j’aurais fermé à clef !
-Oh, vous savez, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.
-Or ce sont des oeufs sur le plat que vous préparez !
-Vous n’allez pas en faire tout un plat quand même !
-Non, mais ce genre de comportement a le don de me faire monter la moutarde au nez !
-Allons, inutile de se brouiller pour ça, un peu de sel ?
-Et du poivre aussi, merci.
-Bon appétit !

Chronique de mes pensées hautement philosophiques : Le solipsisme peut-il mener à une revalorisati

(Réfléxion suite à une interrogation constante du petit Dimitri Vial .)

« Le solipsisme me paraît une théorie séduisante et je ne comprends pas pourquoi nous sommes aussi peu nombreux à y croire ». Pour bien le comprendre, il faut tout d’abord le définir le solipsisme en termes profanes pour ne pas rebuter les non-initiés. Qu’est-ce que le solipsisme ?

« Le solispsme est, dans le cadre de la pensée réciproque, une subjectivité abstraite que l’on place entre soi et le monde externe dans le but de réfuter sa propre existence. » Le solipsisme, quoi qu’on ait pu en dire, n’est en rien comparable à son homologue bulgare, le subjectivisme, qui a pour objet l’opposition consciente du sujet à autrui.

Ce mode de pensée est en cela génial qu’il trouve sa justification par son existence propre. En cela, l’impact qu’il a actuellement sur la condition humaine est à la fois énorme et ridicule. Par la même occasion, l’individu conscient peut se forger sa propre idée de l’humanité, court-circuitant dans l’abstraction les fondements logiques du solipsisme, rendant ainsi le raisonnement statique dans une perspective morale inappropriée. L’individu, en tant qu’entité relative à la somme des individus, n’en est pas moins acteur et réformateur de l’idée solipsiste en tant qu’élément revalorisateur.

Le fruit de ce raisonnement est clair, le solipsisme peut effectivement aider à une revalorisation de la condition humaine dans la mesure où la condition humaine est capable de se revaloriser par elle-même.

En d’autres termes, le solipsisme ne sert à rien.