Histoires Inintéressantes #12

C’est l’histoire d’un homme qui va dans un supermarché et qui achète un sachet contenant un assortiment de trombones colorisés. Quelques jours plus tard, ayant besoin d’un trombone, il ouvre le sachet et sort un trombone. Celui-ci est défectueux, il n’est coloré qu’à moitié et laisse entrevoir le métal gris. Alors, l’homme, voyant le défaut, de débarrasse du trombone en le jetant par la fenêtre.
Plus loin dans la ville, un savant fou a crée par erreur un lézard géant. Ce lézard ne reste pas captif longtemps, et, dans un souci de liberté, s’échappe. Il détruit tout sur son passage en faisant fuir tout le monde. Tout le monde ? Non, car un petit trombone marginal se lève, lui fait face et l’interpelle:
-Eh, toi, lézard géant ! C’est pas bien ce que tu fais.
Alors, le lézard, honteux qu’il est, baisse la tête et dit:
-Jolies chaussures.

(L’histoire est en fait bien plus longue, je la raconterais en détail en vidéo une prochaine fois.
Je suis au beau milieu d’un déménagement, alors je vais me faire un peu plus rare ces prochains jours.)

Histoires Inintéressantes : Mode d’emploi

Qu’est-ce qu’une histoire inintéressante ?

C’est une histoire qui commence comme une histoire drôle ou un récit prometteur (fantastique, science fiction, récit historique, policier…) , mais dont la chute ne doit faire rire que celui/celle/ceux qui la raconte(ent). En clair, elle doit provoquer la plus grande déception chez le/la lect(eur/rice)/audit(eur/rice).

Quelles sont les règles à respecter ?

On raconte une histoire inintéressante au présent de narration pour la rendre plus vivante et pour faire croire à celui/celle/ceux à qui vous la racontez que vous ne connaissez pas vous même ce qui va se passer (ce qui peut être le cas si vous savez suffisamment improviser, chose très facile à faire avec une histoire inintéressante).
De préférence, commencez l’histoire par « C’est l’histoire d… ». Le début ne doit pas être ambigu et celui qui l’écoute doit s’attendre à quelque chose de bien.
L’histoire en elle-même doit-être brève si elle à pour vocation d’être lue, les gens sont bêtes et n’aiment pas lire. Si elle est racontée de vive voix, il faut la faire durer le plus longtemps possible, et même harceler celui/celle/ceux à qui vous la racontez pour qu’ils l’écoute(nt) jusqu’au bout.
La fin doit être très décevante pour celui/celle/ceux qui li(t/sent) ou écoute(nt) l’histoire. (voir le point suivant)

Si elle est écrite, un petit dessin est le bienvenue. Les gens sont bêtes et veulent des histoires illustrées, sinon ils ne lisent pas.

Règle très optionnelle : si l’envie vous prend, vous pouvez essayer, dans le cas d’une histoire écrite, de vous passer des caractères accentués et autres cédilles. Plus simplement, écrire l’histoire en tant que lipogramme en signes diacritiques (pour accentuer plus encore le caractère inutile de la chose).

Comment écrire la chute ?

C’est un peu votre « marque de fabrique ». Toutes vos histoires inintéressantes doivent se conclure dans le même style. Par exemple, un des personnages de l’histoire baisse la tête et dit « jolies chaussures » (soyez gentils et ne plagiez pas).
Cette chute ne doit en aucun cas avoir de lien avec votre histoire. En reprenant l’exemple précédent, il ne faut pas que l’histoire se déroule chez un marchand de chaussure ou qu’un des personnages soit cordonnier, fils de cordonnier, petit-fils d’un cordonnier, ami d’un cordonnier ou tout simplement fétichiste.
Précision: la chute ne doit avoir aucun sens ! Vous pouvez clore votre histoire en faisant danser tous vos personnages avec des huîtes, en faisant intervenir Joseph Staline pour qu’il les assome tous avec un saucisson, ou encore en transformant tous les éléments de l’histoire en fromage fondu.

Est-ce que je risque de me faire haïr à raconter de pareilles bêtises ?

Oui.

Rien à ajouter ?

Oui, rien.

Histoires Inintéressantes #11

C’est l’histoire de douze personnes qui participent à un concours de saut. Ils doivent sauter à partir d’un plongeoir placé à 30m du sol et atterrir dans un petit gobelet en plastique. Ils s’élancent chacun leur tour avec tous plus d’insuccès les uns que les autres. Puis arrive le tour du dernier, le seul qui pourrait réussir, mais il a le vertige. La foule l’encourage timidement: « T’es nul », « casse-toi une jambe », « tu va tomber à côté ! », « bouh ».
Mais il a tout de même peur. Un peu à contrecoeur, il saute les yeux fermés et réussit à tomber parfaitement dans le petit gobelet d’eau ! La foule en délire accoure pour saluer le héros, mais le héros en question lui fait les gros yeux. Alors, la foule, honteuse qu’elle est, baisse la tête et dit:
-Jolies chaussures.

Histoires Inintéressantes #10

On fête aujourd’hui la 10ème note inintéressante, et l’Abricot n’a pas fait les choses à moitié !

C’est l’histoire d’un homme, dans un petit village médiéval du XIVe siècle, qui se fait poursuivre par son créancier. Il est à bout de souffle, son créancier n’est qu’à 500 mètres derrière lui et il est en train de le rattraper. À cause perdue, solution désespérée, il décide de prendre le chemin de la colline, là où habite la sorcière. Peut-être arrivera-t-elle à lui lancer un sort pour le rendre invisible aux yeux de son créancier. Il est si pressé qu’il oublie de frapper et entre. Il est d’abord surpris de tomber nez à nez avec un pingouin, mais il se ressaisit et voit la sorcière en train de préparer un breuvage.
-Toi, sorcière, amie de Satan, aide-moi par un de tes sorts à me cacher de la vue de mon créancier !
-Oh, je ne sais pas faire disparaître, mais je peux déjà tenter de vous changer en pingouin. J’ai déjà réussi avec ma table, mais je n’ai encore jamais testé sur un être humain. Là, vous avez de la chance, je viens de terminer la préparation de la potion.
Il en boit une louche et se transforme en chaise. Le créancier arrive à son tour chez la sorcière et voit le pingouin.
-Ah ah ! Tu ne m’auras pas ! Je t’ai vu entrer, la sorcière t’a changé en pingouin !
Alors, le pingouin, honteux qu’il est, baisse la tête et dit:
-Jolies chaussures .