La Vieille Valise

Il y avait là une vieille valise qui souriait sous son pardessus. Le temps de lacer ses chaussures et elle était déjà partie. Partie on ne sait où, partie quelque part. Pas chez le boulanger en tout cas. Celui-ci était en train d’essayer de refourguer un parapluie à un client en le lui présentant comme si c’était une baguette.
-Pas trop cuite, comme vous l’aimez.
-C’est un parapluie et il ne pleut pas.
Ils avaient beaucoup de chance à Nevers. En revanche, les Strasbourgeois en avaient moins.
-Il pleut, dit le vieux monsieur
-C’est vrai, répondit le marin. Mais pas assez pour que je puisse trouver du travail ici.
La remarque était pertinente, le vieux monsieur sourit au marin comme le font certains comptables quand ils mangent une pâtisserie au chocolat, particulièrement ceux qui ne connaissent pas Catherine de Médicis.
La marin, baillant, prit congé du vieillard et sortit du bar. Il était tard et il lui fallait faire un long trajet pour rentrer chez lui. Se disant qu’il lui faudrait un parapluie, il essaya de trouver une boulangerie encore ouverte, sans succès. Il aurait donc les cheveux mouillés, risquerait d’attraper un rhume, et, comme il ne s’était pas lavé les cheveux de toute la semaine, il allait sentir le chien mouillé. Un chien, justement, il en rencontra un, probablement abandonné, mais ce n’était pas un de ceux qui vont chercher la balle ou qui savent vous apprendre le latin. Le marin passa son chemin.
Le chien se moquait de cette indifférence propre aux gens de la mer.
« Du mépris », pensait-il. 
Puis, le marin, prit de convulsions subites, fit demi-tour, passa devant le chien en courant et fila tout droit. Il avait perdu la tête et allait comme un fou. On le croyait parti pour un marathon, mais il s’entrava bêtement dans un sac-poubelle laissé à l’abandon sur le trottoir et il parut plus que stupide.
« Oui, les gens de la mer », pensait le chien.
Et, alors qu’il allait renifler le marin inconscient sur le sol détrempé, il lui revint l’image de son ancien maître qui s’était un jour fait voler une montre par une vieille valise qui souriait sous son pardessus.

« Le festin d’André » ( Roman+ commentaires de l’auteur sur son travail en cours)

Anna avait une tête de paillasson quand elle s’était réveillée ce matin-là. (Je ne sais pas pourquoi je l’ai appelée Anna, probablement à cause du Tolstoï posé sur mon étagère.  J’ai pensé au paillasson parce que je n’en ai pas et que j’en aurais rudement besoin). Elle s’étonnait toujours des banalités de la vie, et c’est avec surprise qu’elle s’aperçut qu’elle avait dormi dans son lit. (J’ai toujours pensé qu’on ne remarquait jamais assez ces choses-là).
Elle savait qu’elle devait aller travailler, mais ne savait plus où. (C’est pour me donner le temps de lui inventer un travail). Elle était cuisinière. (Voilà, le mot est lancé). Du coup, elle fit le calcul qu’il lui restait un peu de temps avant midi. (Zut, il va falloir que je lui trouve une occupation). Elle décida d’aller acheter un paquet de lessive au supermarché. (Je sais que c’est nul, mais tant pis). Elle quitta donc son appartement (C’est logique, elle n’habitait pas au supermarché. Et je m’en fous si je donne des détails inutiles. Oh, et en parlant de détails, j’ai complètement oublié de la décrire). Elle avait le nez marron et de longs yeux. (Oups, j’ai inversé les adjectifs. Quel fruit !). Elle était en effet métisse et japonaise tout à la fois. (On se rattrape comme on peut). Arrivée au supermarché, elle chercha le rayon lessive. (Oui, je sais, je passe du coq à l’âne). Il était impossible à trouver et elle tournait en rond. (C’est pour donner un petit côté aventure). Un homme passa près d’elle avec un paquet de lessive dans son panier. (Classique. Elle rencontre un bel inconnu et, en plus, je vais pouvoir caser un dialogue). Il parlait le serbo-croate (mais pourquoi est-ce que j’écris ça ? Je suis stupide ou quoi ?).
-Excusez-moi, Monsieur, mais où se trouve le rayon lessive ?
-J’ai déjà serré la main de Churchill et, dans mon jardin, il y a des bégonias.
C’était la seule phrase qu’il connaissait en français. (Je n’allais pas le faire parler en serbo-croate. Je ne connais pas cette langue !)
Anna était déçue (on la comprend), et elle ne trouva jamais le rayon lessive (Ah bon ?).
Fin. (Déjà ? C’est dommage, l’histoire devenait palpitante. Je n’ai même pas pu faire intervenir André. C’était peut-être le serbo-croate d’ailleurs. Honnêtement, que pouvais-je faire à part terminer cette histoire ? Je ne sais pas où il se trouve, moi, ce foutu rayon lessive !)

Comment perdre son temps ?

-Rester coucher toute la journée sur son lit les yeux ouverts.
-Faire la queue ou patienter dans une salle d’attente sans rien faire et partir au moment de son tour.
-Apprendre par coeur le journal des petites annonces de la semaine. (une fois fini, entamer le botin).
-S’assoir sur le banc de l’abri bus et ne jamais monter.
-Visiter des sites que vous ne comprenez pas.
-S’arranger pour aller en prison (agressez un ami complice par exemple).
-Aller à la messe le dimanche, et, une fois revenu à la maison, regarder la messe à la TV.
-Se laver les cheveux trois fois par jour.
-Travailler.
-Dormir.
-Et recommencer.

Jean-Baptiste

Il est dit dans l’évangile de Marc 1-6 : « Jean était vêtu d’une peau de chameau et mangeait des sauterelles et du miel sauvage ».
Entendez donc par là que Jésus a été baptisé par un mec qui ne trouvait rien de mieux que se mettre une peau de chameau sur le dos et manger des sauterelles (pour le miel sauvage, c’est moins pire). Alors, je me pose une question: si vous voyez dans la rue quelqu’un qui porte une peau de chameau, mange des sauterelles et vous demande si vous voulez être baptisé (si vous ne l’êtes pas déjà), le ferez-vous ? Bien sûr que non ! La moindre des choses à faire quand on baptise quelqu’un est de se vêtir convenablement et ne pas manger des cochonneries !
Pourtant, Jésus a voulu qu’il le baptise, pourquoi ? La raison est simple, Jésus ne voulait pas être baptisé. Étant un ami des chameaux, il fut très en colère (Il est à noter qu’en dépit de ce que tout le monde peut dire, Jésus était un grand bagarreur, et ce ne fut pas seulement pour chasser les vendeurs du Temple à Jérusalem qu’il se mit en pétard). En colère donc, Jésus courut dans le Jourdain en direction de J.-B. avec l’intention de lui casser le nez, mais, quand il arriva, J.-B. lui fit boire la tasse. Le mal était fait. Jésus avait avalé un peu trop d’eau et il se mit à halluciner un esprit descendant des cieux pour lui raconter des bêtises. En fait, il était en état de choc. Il fit donc une petite sieste et après, humilié, il partit dans le désert.