Staline, les huîtres ou les autres

Le colonel avait toujours dit: « Ce sera Staline, les huîtres ou les autres ». Dans les faits, ce fut les autres. Il mourut le 12 juin 1972 et on l’enterra le 15 du même mois de l’année suivante. Date dont le souvenir s’est perdu peu après chez les gens qui étaient présents à son enterrement. Mais comment se débarrasser des vieilles chaises ? Les brûler ? Non, Lucifer a bien d’autres projets. Et les gens, que peut-on en faire ? Ils ont l’air ridicule dans leurs pantalons avec des ceintures trop grandes qui ne leur servent à rien. Je ne vais pas les blâmer, et encore moins leur faire entendre raison. Un autre problème se pose de manière évidente: est-ce que j’ai raison d’être contre ? En tout état de cause, je m’en accommode très bien et cela ne me gêne absolument pas. Je ne me rappelle même plus pourquoi je l’ai mentionné. Après tout, je peux bien parler pour protester de rien, contre des choses triviales pour la simple raison que j’ai envie de protester. Oui, je proteste ! Et alors, quoi ? ça vous gêne ? Je dis ce que je pense et je ne m’en prive pas. Si j’ai envie de parler d’un colonel soviétique, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. Ce colonel portait la moustache. Une belle moustache. Une de celles qui ont fait la fierté de l’armée rouge. Mais figurez-vous qu’il n’a fait aucune guerre, n’a participé à aucune opération militaire, et n’a peut-être même jamais porté de moustache. Eh bien oui, je l’ai inventé ce colonel ! Juste pour vous embêter. Juste histoire de dire: « tiens, je vais parler d’un colonel soviétique ». Je parle de ce que je veux, c’est mon droit après tout. Alors, disons que ce colonel se nommait Vladimir Konstanovitch. Un jour, un de ses subalternes lui lance:
-Hé ! Vladimir !
Il l’appelle avec familiarité parce qu’ils sont très copains. Je vous signale qu’on traite un colonel avec un peu plus de respect tant qu’on n’a pas au moins fait une partie de badminton avec lui.
-Oui, Boris, que veux-tu ?
-Rien, c’est uniquement pour les besoins d’un dialogue.
Quand cette discussion eut lieu, le colonel se trouvait dans une vieille boîte de fromage italien, ayant été fait prisonnier, lui et son armée, par des éléments ennemis originaires d’un tube de Pringels. Nous étions le 11 juin 1972, un jour avant la mort du colonel. Celui-ci le savait et voulait tenter une évasion le jour même par peur de la fatalité. Ses troupes, bien qu’affamées et gênées par les odeurs dégagées par les restes d’un fromage centenaire, refusaient d’aller risquer leur vie dehors et préféraient rester jouer au Monopoly à l’intérieur. Il aurait pourtant été aisé pour une poignée d’hommes de se grimper réciproquement sur les épaules pour soulever le couvercle non gardé.
« Qu’à cela ne tienne, je ne serais pas l’objet du destin ! », disant cela, le colonel avala la capsule de cyanure qu’il avait auparavant dissimulé en des lieux non fouillés par l’ennemi.
Il avait cru en agissant ainsi réussir à mourir la veille de sa propre mort, mais sa tentative échoua naturellement. Le cyanure, en raison de difficultés financières soviétiques, avait été coupé avec un complément alimentaire à base de ginseng et de vitamine C. Il souffrit cruellement des heures durant et mourut le lendemain matin, date à laquelle l’armée rouge vit arriver des troupes alliées qui reprirent le contrôle de la zone et libérèrent les soldats de la vieille boîte de fromage Italien.

Histoire inintéressante : Le cercle

Suite à la tentative d’un amateur imitateur nommé Albin (Albin ?), Alain (Alain ?) se devait de faire valoir son génie en matière de création d’histoires inintéressante et dans la manière de les raconter.
Loin d’un Chaperon rouge réchauffé, le thème de l’histoire de ce soir sera la géométrie, domaine qu’Alain (Alain ?) connait parfaitement depuis le CE2.