QdJ: Passe temps ou passion ?

Que faites-vous en premier durant votre temps libre ou après le boulot?

Je ne comptais pas vous détailler ma vie ici, mais après tout, pourquoi pas ? A la fin de ma journée de travail, en théorie à 18h, en pratique à 17h30, je m'élance dans les rues de [nom de la ville].

17h35 : je me dépêche d'aller à Auchan. Une fois sur place, je m'installe sur les présentoirs du rayon fromage et j'attends ainsi 3/4 d'heure.

18h20 : Je sors du supermarché les mains vides et cours en direction de l'arrêt de tramway le plus proche. Une fois à l'intérieur, je fais trois ou quatre fois le trajet départ-terminus, le temps que le contrôleur décide de me faire sortir de force.

20h00 (aux alentours de) : Je ramasse tous les mégots que je trouve à l'endroit où je viens d'atterrir. Une fois en possession d'un nombre suffisant, je vais faire du porte à porte pour essayer de les vendre. En fonction de ma forme, j'arrive à en tirer en moyenne entre 0€ et 5€, donnés par les riverains, non pas pour acheter les mégots, mais pour que je les laisse tranquille.

21h30 : J'attends à la sortie de divers restaurants pour jeter des cailloux aux bons vivants qui viennent de dîner.

22h10 : Il est temps pour moi de rentrer. Pour me compliquer la tâche, je me rends à la gare, prends le premier train disponible, sans billet, et me laisse emporter.

22h45 (aux alentours de) : Je sors du train, de gré ou avec la complicité d'un contrôleur, et j'essaie de rentrer chez moi en autostop.

23h30-04h10 :  Généralement, quelqu'un finit par avoir pitié de moi sur le bord de la route et me ramène à [nom de la ville]. Pour faire regretter ce geste inconsidéré au bon samaritain , je me mets alors à raconter ma passion pour la profanation de tombes ou à chanter du Whitney Houston, en fonction de qui j'ai affaire.

07h00 : De retour chez moi, pour une petite nuit de sommeil, non sans avoir éventré quelques sacs poubelles sur mon chemin.

Voilà pour mes petits passe-temps. Et les vôtres alors ?

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Comment réussir son suicide ?

…à défaut d'avoir réussi sa vie. Les conseils de zetron sont évidemment très utiles aux novices en la matière, mais ceux qui cherchent un dernier grand frisson avant de quitter ce bas monde inamical trouveront dans mes recommandations de quoi "finir en beauté" :

1 – La preneur d'otage : Muni d'un faux pistolet en plastique, vous vous rendrez dans la maternelle la plus proche de chez-vous et prendrez en otage n'importe quelle classe disponible. Très vite, l'école sera entourée de journaliste, de policiers, GIGN et tireurs d'élites en tout genre. Réfléchissez bien avant d'agir : quels seront vos exigences en contrepartie des enfants ? Ne demandez surtout pas un kiwi ou un Kinder Bueno, vous risqueriez d'être exaucé. Préférez à cela un A380 ou un TGV, ils seront bien embêtés pour vous les fournir. Si toute cette mascarade dure plus que nécessaire, menacez de faire exploser la tête d'un des gamins. Quand l'assaut final sera donné, n'oubliez pas de menacer les nouveaux arrivants avec votre pistolet en plastique (le must serait un pistolet à eau) et à vous les autres cieux.

2 – Le voyageur :  Discrètement, vous vous installerez dans le train d'atterrissage d'un airbus en direction du Mexique. En prenant de l'altitude, votre habitacle va progressivement se refroidir et geler complètement. Si tout se passe bien, vous mourrez en toute quiétude. Le plus rigolo sera quand les journalistes essaieront d'expliquer votre comportement.
Mieux, si vous ne mourrez pas de froid, rendez-vous au nord du Mexique et essayez de franchir illégalement la frontière avec les états-unis : Fun garanti !

3 – Le marin : Vous vous embarquerez à bord d'un bateau gonflable, sans nourriture ni boisson, équipé de deux rames pour traverser l'atlantique. Échec de la traversée et succès du suicide garantis.

4 – Le base-jumper : Vous vous rendrez en haut d'un très grand immeuble en maillot de bain et vous positionnerez sur le bord. Attendez une heure ou deux que le buzz médiatique fasse son effet et sautez au milieu de la foule en délire.

5 -  Le randonneur :  ( pour les plus patients) Vous vous rendrez en pleine forêt dans un endroit ou personne ne pourra vous venir en aide. Vous vous enduirez ensuite de sirop, puis vous coucherez juste à côté d'une fourmilière. La meilleure des morts lentes et douloureuses. Et surtout, gardez les yeux ouverts.

À vous de jouer !

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Cami

Dites-moi si j'ai tort, mais je suis sûr que vous ne connaissez pas Cami. Cami, Pierre-Henri de son prénom, est un des plus talentueux auteurs absurdes français du XXeme siècle, sinon le meilleur, selon une citation attribuée à Chaplin. Un homme qui a la logique d'un "œuf de piano dans la cervelle d'une poule", selon Prévert cette fois.
Biographie express : Cet humoriste, amateur de corrida, a commencé sa carrière en publiant dans le Petit Corbillard illustré, journal qu'il a fondé. Il a connu un grand succès (relatif tout de même) pendant l'entre-deux guerres, puis fut complètement oublié. Et c'est là que je m'insurge ! Seule une infime partie de son œuvre a été rééditée. On peut trouver sans trop de difficultés :

et

Deux éditions qui, en plus d'exister, ont le mérite d'être réussies. Outre ces deux chef-d'œuvres, j'ai également eu le privilège de pouvoir lire Drames De La Vie Courante et le très rare Le Jugement Dernier (roman prématuré).
Je ne peux que vous encourager à dévorer les deux ouvrages dont vous pouvez voir les couvertures plus haut. Il s'agit dans les deux cas d'un ensemble de tableaux, écrits comme des pièces de théâtres injouables qui mettent en scène des personnages plus absurdes les uns que les autres, tels que l'hérétique qui va se faire ignifuger, le mort ressuscité qui pose des problèmes aux croques-morts qui l'emmènent au cimetière, ou ce pauvre homme, atteint d'appendicite, qui se fait poignarder par un apache neurasthénique dans la rue, lui sauvant la vie :

Le président, lisant le verdict à l'apache – Après avoir délibéré, la cour acquitte l'accusé pour sa tentative d'assassinat, mais le condamne à six mois d'emprisonnements pour exercice illégal de la médecine.

Et puis, il y a les innombrables énigmes résolues par Loufock Holmès, accompagné en permanence par son Watson à lui, le chef de la sécurité relative, que ce soit dans des affaires concernant son ennemi juré, Spectras, ou dans d'autres concernant l'assassina de l'accordeur de participes, le suicide du bourreau de sardines ou encore la disparition du squelette frileux.

Mais, encore une fois, je donne bien mal envie de lire ces merveilleux ouvrages. Je vais donc me contenter de vous ORDONNER de les lire !

(Au passage, si quelqu'un sait où je peux me procurer Le Voyage Inouï de Monsieur Rikiki, Le Fils Des Trois Mousquetaires, Les Chevaliers Du Gai ou n'importe quel autre ouvrage du même auteur, qu'il me fasse signe ! )

edit : après vérification, il semble que plus rien de ce merveilleux auteur ne soit disponible, ou alors à prix d'or. Vous êtes dispensés jusqu'à la prochaine réédition.

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QdJ: La loi des séries

Quelle est votre série TV préférée? Etes-vous fan de séries?

Avez-vous déjà entendu parler de cette petite série québecoise du nom de Paul et les tibias ? Non, certainement, elle n'est pas très connue en dehors du cercle très fermé des collectionneurs d'appareils dentaires. Elle met en scène un personnage principal, Paul, vendeur de pins has-been, qui se retrouve «au mauvais endroit au mauvais moment» quand il se fait enlever par les extra-terrestres. Revenu sur la terre ferme et ayant tout oublié de l'évènement, il a pourtant le sentiment qu'il y a quelque chose de changé chez lui en s'apercevant qu'il est obligé de sortir un tibia de son oesophage toutes les heures. Cette particularité est d'ailleurs le seul et unique ressort comique de la série où les situations gênantes se multiplient, notamment l'hilarant deuxième épisode de la première saison où Paul est coincé dans un ascenseur en compagnie d'une secrétaire de direction et d'un vendeur de nez de clown, obligé qu'il est de cacher tous les tibias qu'il a produits dans son pantalon. Néanmoins, cette extraordinaire série a deux bémols:

1 – Les rires enregistrés sont utilisés n'importe comment, en particulier à chaque fois que le personnage principal prononce le mot « visiblement »

2 – Le casting, en dehors de l'acteur qui joue Paul, Sébastien Talenez, est d'une qualité très discutable. L'acteur qui joue le rôle du père de Paul a dix ans et il n'arrive jamais à prononcer correctement ses dialogues sous sa fausse barbe. Le chien qui joue le chien de Paul est toujours en train de dormir et l'effet est désastreux quand on entend ses répliques en voix off, du genre : « Oh, un gâteau », « j'ai les oreilles qui me démangent », «mais quelle puce l'a piqué ?» ou encore « Vous auriez pas l'heure par hasard ? ». L'actrice qui joue le rôle de la fille que Paul essaie d'avoir comme petite-amie est en permanence déguisée en Ronald McDonald et inverse la plupart des syllabes, nuisant là encore considérablement à la compréhension. Ne parlons pas du réalisateur, un parfait inconnu, mais qui prend plaisir à faire des caméo dans toutes les scènes en faisant un coucou à la caméra, ce qui est parfaitement ridicule, en particulier quand les personnages sont aux toilettes.

Malgré tous les défauts qu'elle comporte, cette série est de loin celle que je préfère, juste devant l'éternel Max La Menace. Un grand regret qu'aucune nouvelle saison n'ait été programmée, nous laissant sur le suspense du dernier épisode où Paul rencontre un immigré Roumain qui fait pousser des machoires dans ses cheveux.

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QdJ: Esprit?

Si je crois aux fantômes ? Bien sûr ! Quelle question ! J'en ai d'ailleurs un juste derrière moi, un autre derrière mon écran et un dernier dans le frigo. Dans l'ordre que je viens d'ennoncer ils se nomment Youssef, Léon et …. et le troisième, j'oublie toujours son nom. Je ne lui parle pas beaucoup à ce dernier. Le plus simple, pour vous faire comprendre, est de demander directement aux intéressés de parler de leur condition d'esprit.

"Youssef, viens mon petit, viens prendre possession du clavier !
– Salut à tous, c'est Youssef ! Alors, là je vous écris depuis le clavier d'Alain (Alain ?), c'est un super copain qui me laisse tout le temps regarder quand il traîne sur des sites de cjdvzh vmv;ùmv (interruption d'Alain (Alain ?) : S'il te plaît, Youssef, parle-nous plutôt de toi, de comment tu es mort, de ce que tu fais ici-bas et ce que tu comptes faire plus tard comme métier). Bien ! Alors, je suis mort il y a un bout de temps, vers… pfiou, ça nous rajeunit pas. C'était dans les années 80, à peu près, j'avais parié à mon frère que je pouvais tenir dans la machine à laver. J'ai réussi à m'y enfermer complètement et comme mon frère n'avait pas assez d'argent sur lui, il m'a laissé dedans, le temps de trouver un peu de liquide. J'ai manqué d'air et puis pouf ! Fantôme ! Après, j'ai commencé à le hanter un peu, comme ça, pour rigoler, mais cet imbécile s'est étouffé avec un morceau d'entrecôte un jour que je lui ai fait peur par derrière. Bref, pour l'instant j'ai pas beaucoup de projets en vue. Un jour, j'ai trouvé la maison que t'habites, Alain (Alain ?), et je m'y suis posé. C'est sympa la campagne.
-Merci, Youssef, c'était très instructif. Léon, si tu veux bien sortir de derrière et raconter toi aussi ton histoire ?
– Bonjour, c'est Léon. Pour commencer, moi je suis mort il y a une douzaine d'années dans un accident de la route. C'était après une soirée un peu arrosée. J'étais en train d'imiter le cri du pélican dans mon auto pour amuser les copains quand un cycliste a déboulé sur ma droite. Heureusement, j'ai réussi à manoeuvrer pour l'éviter, fonçant à travers la vitrine d'un vendeur de chaussures. J'étais encore en vie, le seul parmi les passagers présents. Au moment où je réalisais la chance que j'avais eue, le couguar élevé illégalement par le propriétaire du magasin s'est chargé de finir le travail. J'ai continué à hanter les lieux un moment. Un sex-shop a vite remplacé la boutique du vendeur de chaussure et d'ailleurs, Alain (Alain ?), c'est dans ce sex-shop que je t'ai ckdhbvjjsgd  (interruption d'Alain (Alain ?) : merci beaucoup Léon.) Ah ok, alors je m'arrête.

Je vous aurais bien proposé le témoignage de mon troisième fantôme, celui qui est dans le frigo, mais il est très timide. Cela dit, désolé les mecs, mais c'est le plus utile de vous trois. (Léon : Ouais, ça se comprend.) (Youssef : Y'a pas de mal, c'est la vérité). D'ailleurs, appelons-le !
"Eh ! Truc-Bidule ! Tu peux m'apporter des esquimaux ?"

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