Peut-on avoir raison contre les faits ?

Voici ma petite correction d’un des sujets du blac de phiblosophie 2011.

La raison est le propre de l’homme, comme disait probablement un très éminent philosophe – dont le nom m’échappe (et en plus je dois périphraser) – mais est-elle également le propre des fées ? Passons sur la vilaine coquille qui s’est glissée dans l’énoncé du sujet – je ne jette la pierre sur personne, moi-même n’étant pas irréprochable au niveau de l’orthographe – et intéressons nous à ce curieux duel : Avons-nous plus raison que les fées ? Comment amorcer le dialogue avec ces créatures mythologique dont l’existence est souvent remise en cause par des individus peu ouverts d’esprit ? Enfin, était-il vraiment nécessaire de se lever aussi tôt pour réfléchir à de pareilles inepties ?

Socrate, puisqu’il faut le citer, était un penseur sans lunettes, comme le soulignait Platon par son silence optique. Un intellectuel qui se respecte se doit à mon avis d’en porter. N’excusons pas cette carance par un quelconque raisonnement historique fallacieux à l’emporte-pièce qui justifierai pareil manque par le fait que cet accessoire n’avait pas encore été inventé. Je considère trop les Grecs pour imaginer de tels sottises. Oublions donc Socrate et remettons nous-en à notre seul jugement.

Avoir “raison”, puisque c’est de cela qu’il s’agit, consiste à parler plus fort que son interlocuteur pour établir le rapport de force qui, seul, permet de sortir de l’impasse d’une discussion pouvant durer des heures et nous faire manquer le dîner.

Le cas où un homme serait en position d’avoir raison contre une fait fée (vous voyez !) serait celui où il posséderait un volume de parole supérieur en décibel à celui de son interlocutrice ailée. Un homme exposant avec force ses arguments peut le faire à 90 décibels en moyenne. Ce chiffre m’est en revanche inconnu en ce qui concerne les fées, aucune étude sérieuse ne s’étant jusqu’à présent penché sur cette question.

Mais cette impasse logique peut fort heureusement être contournée, puisqu’il existe au moins un cas où l’humain aura l’avantage : celui où son interlocutrice fée est muette ou bien souffrante d’une extinction de voix. L’homme aura alors tout le loisir de démontrer qu’il a raison sans se soucier d’un éventuel contre-argument.

Au delà des fées, ce cas peut être étendu à des cas plus généraux. Ainsi, l’on pourra se trouver avoir raison contre une licorne ayant pris un coup de froid ou un elfe qui aurait subit une ablation des cordes vocales. Ce qu’on peut en conclure, au final, c’est que cette démonstration est en tout point remarquable et son auteur un génie absolu.