Histoire Inintéressante #59

C’est l’histoire de Daniel, un jeune homme tranquille. Un jour qu’il marche dans la rue – rue  Rakkaus, vous ne connaissez pas – il entend son prénom prononcé d’une voix fragile. “Daniel ! …”, puis rien.   Il se retourne, entraperçoit le reflet d’un jeune homme blond dans la vitrine du Kebab, mais derrière lui ne voit personne. Et le reflet a disparu. La rue est déserte. Le reste de sa journée se déroule sans incident, mais il est inquiet. Il a l’impression que quelqu’un le suit. Quelqu’un d’invisible. Ses angoisses le poursuivent les deux jours suivants, où il soupçonne une présence sans rien voir.

Le soir suivant, rentré chez lui, depuis sa cuisine où il est en train de préparer une salade d’avocats, il entend le téléphone sonner et décroche. “Allo ?”
Au bout du fil, il entend une comme la respiration de quelqu’un en panique. “Qui êtes-vous ?” demande Daniel.  Mais la personne ne répond pas. D’un coup, on lui raccroche au nez. La seconde d’après, quelqu’un frappe à sa porte. Par le judas, il voit le même homme blond qu’il avait aperçu deux jours plus tôt. Il remarque qu’il a l’air angoissé.  Il ouvre. “C’est vous qui venez de téléphoner ? Et qui me suivez ? Qui êtes-vous ?” Le jeune homme acquiesce. “Oui, c’était moi, je voulais vous aborder mais… enfin je suis un peu timide.  Je m’appelle Allah. Enfin, je veux dire… je suis Allah. – Le Dieu ? –Oui, le Dieu. – Mais… pourquoi ? Qu’est-ce que… – C’est que… je suis amoureux. – De moi ? – De vous.”
Daniel est un peu en colère et le fait savoir. “Non, mais ça va pas bien la tête ? ça ne se fait pas de harceler les gens comme ça ! “
Alors, Allah comprend que ce qu’il a fait n’est pas bien. Il baisse la tête et dit : “Jolies Chaussures !”

Mais Daniel trouve Allah mignon. Le lendemain, ils conviennent d’un rendez-vous pour aller boire un verre ensemble.

Allah tienne !

Histoire Inintéressante #58

C’est l’histoire d’Anatolia, une taupe. Son rêve est de participer à l’épreuve du saut à la perche pendant les prochains jeux Olympiques. Elle en parle à son amie Natalia. Celle-ci essaie de la convaincre que l’idée est ridicule.”Tu n’en as jamais fait, bécasse! Et on ne s’inscrit pas comme ça aux jeux Olympiques quand on est une taupe.” Le négativisme de son amie n’est pas suffisant pour briser ses espoirs. Elle décide de persévérer et de se rendre à Rio.

Au prix d’un voyage long et périlleux,  elle arrive à destination.  Nous sommes le jour même de la compétition. Le stade est en vue. Les clameurs de la foule se font entendre au loin. Anatolia est fatiguée. Si près du but, elle angoisse de ne pas trouver un moyen de s’inviter à l’épreuve.  Mais elle se souvient subitement qu’elle est une taupe et creuse une galerie .

Lorsqu’elle refait surface, elle se trouve au beau milieu d’une piste. Une course de relais est en train de s’y dérouler.  Federico, l’athlète argentin, voit au dernier moment Anatolia surgir sur son couloir. Il ne peut l’éviter, trébuche sur elle et s’écroule lamentablement. La 3ème place, qui semblait conquise à l’équipe, est perdue. Furieux, l’entraineur et les athlètes viennent  gronder copieusement Anatolia.
Anatolia ne sait plus où se mettre, alors, honteuse qu’elle est, elle baisse les yeux et dit :  » Jolies Chaussures ! »

Taupe modèle