Corrigé du bac philo 2008

Chers lecteurs,
Lundi matin a eu lieu l’épreuve de philosophie du baccalauréat. C’était en 2004 que j’ai passé moi-même cette épreuve, et où j’ai obtenu une note à faire baver les étourneaux. Pour satisfaire la curiosité des lycéens, j’ai moi-même joué le jeu et me suis permis de composer un corrigé non-officiel, mais tout aussi sérieux, de la dissertation de je ne sais plus quelle série et dont le sujet était « Connaissons nous autrui mieux que nous-même ? » ou quelque chose comme ça. J’ai adopté un plan bateau : thèse, antithèse, prothèse qui aurait obtenu la note maximale ou minimale de n’importe quelle Académie.

 

    L’homme est un de ces animaux capable de se mêler des affaires d’autrui plus que des siennes, étant semblable sur ce point à l’épagneul Breton et au saxophoniste. Cet autrui, c’est un peu tout le monde et personne en particulier, un être animé un peu comme nous dont il nous est possible de voir les yeux directement. La connaissance d’autrui ou de nous-même est composée d’informations diverses et pratiques comme celle qui consiste à savoir repérer une bouche dans un ensemble figure. La bonne question est de savoir si en matière quantitative et qualitative on possède plus d’informations sur autrui ou sur nous-même.
Après avoir cherché à déterminer ce qui rend autrui plus intéressant que soi, nous nous livrerons à une étude comparative complexe dont les éléments nous livrerons en principe une réponse appropriée à la problématique
    Autrui, c’est cet autre qu’on désigne du doigt, même si votre maman dit que c’est malpoli, qui est assez semblable à vous-même, mais pas assez pour vous laisser porter sa propre moustache. Mon père biologique, au cours de son premier divorce, quand un avocat l’a accusé d’avoir « volé une pièce de mobilier appartenant à autrui », a simplement répondu : « Le living-room, il n’appartient pas à Monsieur Autrui, il appartient à Monsieur B……… (lui-même) ». Le fait est qu’il fut ensuite contraint à payer une pension alimentaire à cet autrui.
Autrui nous veut du mal, précisément parce qu’il n’est pas nous, c’est un ennemi. « L’enfer, c’est les autres » a écrit Sartre, et de Sun Tsu à Julien Doré, on a toujours dit qu’il était plus prudent de se renseigner sur l’ennemi, ou bien de payer quelqu’un pour le faire.
    Cela étant posé, qu’est-ce qu’on peut connaître de lui ? Ce qu’il laisse voir, veut bien nous montrer ou nous raconter. Le mensonge n’est jamais loin. À moins d’être passé expert à repérer les Pinocchio, vous pourrez aisément vous faire mener en bateau par Autrui qui vous racontera n’importe quoi. Si tout ce que je sais de lui est faux, je n’ai réellement aucune connaissance relative à cet incurable mythomane. Il existe cependant certains types d’informations que vous pouvez glaner à son contact. Regardez-le qui se tortille les mèches de cheveux alors qu’il savoure une soupe aux lardons ! Regardez-le faire des grimaces pour remonter ses grosses lunettes en haut de son nez ! Il est à peu près certain que si personne ne lui dit, il ne s’apercevra jamais de ses mauvaises habitudes. Car autrui, tout comme nous-même, est un animal guidé par un obscur inconscient qui peut contrôler ses moindres faits et gestes sans qu’il ne se rende compte de rien. Cet inconscient est votre allié contre autrui. Une observation minutieuse du sujet vous donnera de multiples informations sous la forme d’actes manqués de type freudien qu’il vous faudra décrypter pour accéder à des trésors de connaissances enfouies. Attention toutefois à ce que le procédé ne se retourne pas contre vous, votre propre inconscient vous cache des choses lui aussi. Quel cachottier ! Notez qu’autrui, cet autre moi, peut vous livrer bien des secrets sur vous-même pour peu que vous sachiez vous mettre en perspective ou, je ne sais pas moi, que vous vous filmiez en train de repeindre le plafond.
    Connaître autrui est une nécessité. Se connaître sois même est aussi important. Pourtant il semble bien que ces deux types d’informations se recoupent assez mal.
    Autrui est un menteur invétéré qui ment, tous comme vous, pour éviter d’être jugé. Même avec beaucoup de ténacité, et à moins d’utiliser d’efficaces moyens de tortures, vous ne saurez jamais tous les vilains secrets inavouables de cet autrui. Ainsi, alors que vous connaissez votre propre goût pour les films pornographiques asiatiques impliquant des clowns, que pourriez vous connaître des perversités de cet autrui à qui il vous est régulièrement arrivé de serrer la main.
    Il est évident qu’en dehors des informations triviales dont vous et lui êtes au courant, ce que vous connaissez de lui – et qui lui est inconnu à cause de son manque d’objectivité – est ce que vous manquez de connaître vous concernant. Évaluer quantitativement ces deux ensemble serait assez hasardeux et je ne m’y risquerais pas. quant à ce qu’il ressort d’une analyse qualitative, nous constatons tout simplement que les connaissances que j’ai de moi-même et d’autrui sont différentes. L’une ne prime pas sur l’autre et je dirais même qu’elles sont complémentaires.
    Se connaître soi-même, c’est connaître autrui et réciproquement. Nulle supériorité des deux « savoirs » ne peut se démontrer. Néanmoins je respecte vos vues sur le sujet et je serais prêt à écouter vos arguments quand il vous plaira. De toute façon, je sais que j’ai raison.

(Abricot vient de vérifier l’intitulé exact du sujet et se rend compte qu’il n’a fait qu’un gros hors-sujet. Quel fruit !)

 

4 réflexions sur « Corrigé du bac philo 2008 »

  1. Vous avez tout pompé sur la phénoménologie de l’escalope pânée!
    C’est du pur copier/coller!
    Vendez! vendez! vendez!
    attention! un tupolev!

  2. Abab a pris Tocqueville, il a fait un devoir qui dépote, mais il ne sait pas si il a bien fait de prendre le texte..
    Pour info, c’était un sujet de ES.

  3. Le dernière phrase mérite déjà 19/20.
    Si, si vraiment cher Monsieur Autrui, de toute façon, je sais que j’ai raison, car qui vous connaît mieux que vous pour ne pas me dire que j’ai tort.

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