II – Où l’on apprend à jouer au jokari

Résumé
de l’épisode précédent:

Sverker le Neuf, notre héros d’origine inconnue, vient de
faire la rencontre successive de Mr. Botibol, jeune fonctionnaire
aventurier anglais, et de Youri, ballerine cavalièr(e) de sexe
indéterminé. Ensemble, ils font route vers
Staphylocoque.

Staphylocoque était
peut-être encore bien loin et, pour briser la monotonie du
voyage, Mr. Botibol décida qu’il serait temps que les trois
nouveaux amis se connaissent davantage:

«
Dites-moi, Youri, comment vous êtes-vous retrouvé ici ?


C’est bien simple, fit Youri en se caressant les moustaches, un brave
homme du nord m’a indiqué où se trouvait Staphylocoque
et c’est ainsi que j’ai pris le chemin qui m’a conduit jusqu’à
vous.


Non, enfin, je veux dire, dans un contexte plus général.


Oh ! Ça c’est une longue histoire.

Youri
commença par le commencement: il était venu au monde
vingt-deux ans auparavant, ou à peu près, dans une
noble famille russe de St Petersbourg presque ruinée par les
placements du père dans le commerce d’abats de sauterelles. À
court d’argent, la famille décida de le confier aux
Stativolkronsky, une riche famille de propriétaires terriens
qui avait battit sa fortune sur une meilleure exploitation des masses
paysannes. M. Stativolkronsky et Mme Stativolkronsky, qui furent ses
parents, n’avaient alors aucun enfant, car ils souffraient d’un mal
qui serait connu plus tard sous le nom de « stérilité de
Vrontakovsky », du nom du célèbre généticien
qui ne portait jamais de bretelles. Le fait est que M.
Stativolkronsky désirait par-dessus tout avoir un fils et que
Mme Stativolkronsky, elle, chérissait la perspective d’avoir
une fille. Alors, pour se mettre d’accord, on décida qu’il
serait les deux. Pour décider du nom, les époux
Stativolkronsky en choisirent un aléatoirement en ouvrant,
les yeux fermés, le bottin au hasard, et en pointant du doigt
une ligne au beau milieu de la page. Youri Kovenovsky donna son
prénom à Youri. M. Stativolkronsky, qui rêvait
pour son fils d’une carrière militaire dans la cavalerie, lui
fit donner des cours d’équitation dès son plus jeune
âge. Mme Stativolkronsky, qui ne vivait que pour voir un jour
sa fille dans un ballet, décida qu’elle serait une ballerine.
Le compromis fonctionna pour le mieux. Youri fit merveille à
cheval en gagnant de nombreux derbys, et il fut magistral à
chaque interprétation du
Lac
des Cygnes.
C’est
justement à l’occasion d’une de ces représentations que
Youri attira l’attention du tsar Alexandre III. Le tsar s’en fit un
ami très proche et, apprenant ses dons pour l’équitation,
il lui proposa d’entrer à son service en tant que courrier
personnel, service qu’il a assuré durant les années qui
ont précédés et qui l’ont conduit sur la route
de Staphylocoque.

– Cette histoire est
passionnante, fit Sverker.


N’est-ce pas ? Fit Youri. Je viens juste de l’inventer.

– Oh ! Fit Mr.
Botibol. Et quelle est la vérité ?


Eh bien, fit Youri, je suis né en Allemagne il y a soixante
ans, dans un petit village de Bavière où j’ai exercé
très tôt la profession de brigand. Étant de plus
en plus recherché dans la région, j’ai quitté le
pays, volant un cheval pliable et un tutu rose à une famille
de lépreux. Au cours de mon périple j’ai tué un
certain Youri Stativolkronsky à qui j’ai volé l’identité
et la fausse moustache. Je me suis d’autre part laissé
entendre que Staphylocoque était une ville où on
pouvait se faire de l’argent, ce qui m’a amené jusqu’à
vous.

– J’ai du mal à
le croire, fit Mr Botibol.


Vous avez raison, c’est encore entièrement faux, mais je ne peux pas
m’en empêcher. Passons. Et vous, Mr Botibol, quelle est votre
histoire ?

Patience,
cette histoire sera pour la prochaine fois.

8 réflexions sur « II – Où l’on apprend à jouer au jokari »

  1. il n’y aura pas de prochaine fois
    tout ceci est un plagiat honteux de « la dame aux camélias », sans compter les heures supplémentaires
    cela nous ramène aux heures les plus sombres de l’affaire Tricycle contre Stallone
    rendez-vous au tribunal Capone

  2. Abricot, me trompe-je, ou alors vous avez chopé je-ne-sais-où la très vilaine habitude de couper une histoire avant la fin?

    Mais je me trompe: une saga est faite pour être coupée au moment le plus, donc le moins, intéressant.

  3. Extase et stupeur

    J’avais écris ça avant d’avoir lu l’histoire. Je ne vais pas l’écrire de nouveau maintenant que je l’ai lu, non il faudrait changer et écrire stupeur et extase, ce serait mieux.

  4. Lontharingie et gousse

    « Vous avez raison, c’est encore entièrement faux, mais je ne peux pas m’en empêcher. »

    Je reconnais que la chute m’a vraiment fait rire.

    J’adore ces dialogues sans queue ni tête.

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