L’illusion d’avoir vu le film

J’ai décidé de lancer une nouvelle rubrique du type culture et confiture, mais pour des films, livres et musiques que je n’ai jamais entendu, vu ou lu. Je commence par un film : L’illusionniste de Neil (Cheese) Burger (sortie 17/01/2007). Je me suis inspiré de Kapalski et d’abab comme vous le verrez.

L’illusionniste raconte l’histoire d’un homme de taille moyenne, Eisenheim (Edward Norton), qui arrive à Vienne en 1900 pour gagner sa vie. Il est très doué pour les tours de passe-passe et devient vite extrêmement populaire. Son numéro favori consiste à faire disparaître un croissant (Diane Keaton). Il entre sur scène, retrousse ses manches, prend un croissant, le met à hauteur de bouche, et le fait disparaître comme par magie. Le visage joufflu, il est acclamé tous les soirs par un public chaque jour plus important. Sa popularité fait de l’ombre au Prince héritier Léopold (Paul Giamatti) qui le met alors au défi de changer sa fiancée (Jessica Biel) en barre de chocolat caramélisée. Le drame se produit quand l’illusionniste change par erreur la belle en esquimau (Ben Affleck). S’engage alors une course contre la montre pour inventer le plus vite possible un congélateur et empêcher la fiancée de Léopod de fondre.

On n’avait pas vu un tel film depuis Casablanca. Le scénario est soigné, adapté du best-seller Une journée à Pékin de l’Allemand Helmut Elbröt. Le montage n’est pas sans rappeler celui d’Octobre d’Einsestein, en particulier dans la scène où Eisenheim veut acheter un parapluie dans une écurie, ainsi que la fin d’Alien III de David Fincher dans les scènes de suicide. Il convient de saluer le travail du décorateur qui a parfaitement su retranscrire la Vienne du XIXe; travail totalement gâché par le fait que le film est sponsorisé par Nokia. Nombreuses en effet sont les scènes où il y est fait référence (voir en particulier la scène de l’opéra où Léopold tente de joindre un négociant en épingles à linge avec son nokia N70). On peut saluer également le réalisme des effets spéciaux: La scène de l’explosion de la bombe nucléaire est bluffante quoiqu’un peu gratuite dans le contexte d’une promenade romantique.

Je parle technique et j’oublie de mentionner la perfection avec laquelle les acteurs ont joué la comédie. On n’avait pas vu Edward Norton aussi convaincant depuis son rôle dans Viva Stalingrad de Brett Ratner où il interprétait un bègue amoureux d’une machine à coudre. Il interprète l’illusionniste Eisenheim comme si le personnage avait été écrit spécialement pour lui (comme l’a avoué récemment le producteur). Paul Giamatti est excellent dans le rôle difficile d’un Léopold aveugle, sourd et cul-de-jatte qui prend le contre-pied de toutes les certitudes historiques. Saluons également l’interprétation de Jessica Biel qui, sans crever l’écran, est sympathique durant tout le film, même dans la scène où elle égorge un jeune chaton. Notons enfin la performance du figurant vendeur ambulant de moules qui n’est pas sans rappeler la performance de De Niro dans Raging Bull.

 

En bref: Une réussite que ce film sur une société viennoise en mutation au tournant du XXe siècle. On passe un agréable moment à suivre cette aventure rythmée et dépaysante qui plaira surtout aux enfants et aux comptables hypoglycémiques.

Note: 2,5/20

À bientôt pour une nouvelle critique.

7 réflexions sur « L’illusion d’avoir vu le film »

  1. Le congélateur de Jessica Biel n’en coule-t-il pas une, creant un nouveau rebondissement, puisque tous partent en quete d’un plombier polonais. Mais je gache tout le suspens …

  2. Whiteshoulders: C’est pas malin de parler du plombier. D’autant plus qu’il aura pour tâche de présenter une thèse sur la poterie flamande des Ier et IIè siècles après J-C à l’université de Vienne. Mais chut…
    Tipierre: o-0
    Zetron: Oui, j’attends toujours un coup de fil de Spielberg.
    Steeve: Pourquoi ne m’as-tu laissé aucun commentaire ?

  3. « Viva Stalingrad » n’est pas exactement de Brett Ratner
    La MGM lui demanda de finir le film quand le réalisateur principal, Wieland Stormingen, fut pris de convulsions vénusiennes après avoir absorbé trois poignées de porte à l’uranium enrichi.
    Cinéphiliquement.
    PloufPlouf

  4. Bravo, tu as bien fait de t’inspirer de cet homme là, c’était une bonne idée(l’élève dépasse le maitre une fois encore?)
    D’ailleurs abab, faudrait s’y remettre au petit ciné débile!!

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