Pinki winki

(écrit il y a quelques jours, aurait pu s’intituler « Voilà pourquoi il ne faut pas boire de café le soir »)

Pinki winki, le petit cochon passait une mauvaise journée.
-Brocoli, brocoli, brocoli !
Un passant accouru, alerté par les cris.
-Mon Dieu, mon pauvre petit, comment as-tu fait pour te retrouver la tête coincée entre les molaires d’une baleine ?
-C’est elle qui m’a attaquée !
-C’en est assez, cétacé !
Il enleva sa ceinture, et, alors qu’on croyait qu’il allait faire un strip-tease, il commença à donner des coups sur la baleine à l’aide de cet accessoire. Le gros mammifère marin, douillet comme un faisan, libéra le pauvre petit winki et s’enfuit sur une bicyclette volée à une petite fille orpheline.
Pinki remercia chaleureusement le passant pour son aide.
-Vous savez, j’aurais pu ne pas arriver à temps, déclara le passant.
-Comment cela ? demanda Pinki.
Le passant se mit à raconter son aventure. Il avait été incorporé de force par erreur dans l’armée égyptienne alors qu’il cherchait la tombe de Socrate sur les bords du Nil. Il avait toujours eu cette lubie de penser que Socrate avait été en réalité un simple pêcheur d’orang-outan. Quelques jours plus tard, il tenta de déserter, mais fut arrêté peu avant la frontière où il fut fusillé sans ménagement. Une fois mort, plus rien ne le retenait en Égypte, car il était à présent persuadé que Socrate était toujours vivant et cultivait la mangue quelque part au Texas.
-Mais Socrate n’était-il pas un philosophe grec ? demanda Pinki.
-Ah oui ! Ce doit être vrai, maintenant je me rappelle ! Quand je pense que j’ai perdu la moitié de ma vie dans des recherches archéologiques tout à fait inutiles ! Je commence à déprimer. Je pense au suicide. Pensez-vous qu’il est trop tard pour partir à la poursuite de la baleine ? Elle accepterait bien de me broyer le crâne avec ses dents, je pense.
-Certainement ! Allons à sa poursuite !
C’est ainsi que Pinki et Socrate (le passant ignorait qu’il était lui-même le grand philosophe) poursuivirent la baleine sur les chemins de terre jusqu’au pacifique. À l’aide de quatre bouts de bois, d’un peu de plastique, de colle et de ficelle, ils construisirent un petit sous-marin et s’enfoncèrent dans les profondeurs de l’océan. Malheureusement, la poursuite s’avéra compliquée sous l’eau, élément où les fugitifs laissent en général peu de traces. Socrate déprimait de plus en plus et se rendit compte qu’il aurait été tout aussi facile de se suicider en se noyant. Il tenta ainsi d’ouvrir le hublot du sous-marin artisanal pour mettre fin à ses jours sans se soucier de son compagnon d’aventure, le petit cochon, qui préférait retarder, tant qu’il le pouvait, l’issue fatale commune à chaque vie porcine sur terre.
-Allons, vous ne pouvez pas ouvrir le hublot sans nous tuer tous les deux.
-Pourquoi voulez-vous vivre ?
Le petit cochon n’était pas très malin et ne savait quoi répondre. Il lui fallait trouver les mots justes pour convaincre Socrate de ne pas se tuer, mais tout ce qui lui venait en tête était l’hymne national allemand et la recette d’un cake aux fruits confis. Tentant le tout pour le tout, il essaya d’avaler le philosophe d’une bouchée. Il ne réussit qu’à lui croquer l’oreille et à provoquer ainsi la fureur de Socrate qui ressemblait à présent à Van Gogh.
-À cause de vous, j’ai la gueule d’un impressionniste ! hurla-t-il.
-Vous savez peindre ?
Ayant retrouvé son calme, Socrate ramena le sous-marin en surface et entreprit la carrière de peintre. Il acheta le nécessaire de peinture dans une boutique de Casablanca, loua un atelier pour peindre et embaucha Pinki Winki en tant que modèle.
-Assois-toi sur la chaise pour que je puisse te peindre.
-Quelle chaise ?
-Celle du plafond.
Une chaise avait effectivement été collée au plafond. Le petit cochon tenta de grimper en haut à l’aide d’une échelle, mais ne réussit qu’à se casser une jambe.
-Tout cela est ridicule ! Je me suis fait mal à cause de vous ! Je démissionne !
-Tant mieux .
Pinki Winki sortit de chez Socrate en boitant. Plus tard dans la journée, alors qu’il cherchait des toilettes publiques, il se fit happer par un escargot géant volant.
Ce fut la fin de Pinki Winki.

7 réflexions sur « Pinki winki »

  1. oh c’est triste.; il meurt quand même…

    socrate.. ça me dit quelque chose.. ah vi je sais, un chien dans un livre de quand j’étais poutite…

    ahh vangogh…! il ne pourra pas l’égaler.. surtout s’il n’a plus de modèle.. à moins qu’il ne peigne sa chambre… ;D

  2. ah ben c’était bien
    mais y’avait pas d’hélicoptère en forme de radiateur
    c’est dommage
    pourquoi cet oubli?

  3. Socrate le Chien, dans son carton a bouteille !
    Qui l’eut cru, d’autre personne connaisse ce fleuron de la literature enfantine ?! Sa gueule d’impressioniste est impressionnante en tout cas …

  4. Socrate, un chien dans un carton à bouteille ? Pourquoi pas ? Après tout, ce n’est pas à moi de juger un philosophue sur sa manière de vivre.

    plofplof: Un hélicoptère n’a pas la forme d’un radiateur, mais d’un manuel de cuisine péruvien.

  5. Comment peut-on encore à notre époque confondre hélicoptère et manuel de cuisine péruvien!
    tout le monde sait que le manuel de cuisine péruvien est directement inspiré du sèche-cheveux germanophone!
    des siècles de civilisation pour en arriver là…
    Bon, c’est décidé, j’écris à Yves Calvi(tie).

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