Histoire inintéressante #28

C’est l’histoire de Carole, une jeune pâtissière, qui est persuadée d’avoir un toucan dans son placard. Plus les jours passent et plus les gens font remarquer à Carole son effroyable odeur, elle qui n’ose plus ouvrir son placard et ne peut donc se changer, gardant jour après jour la même tenue.

La honte la motive enfin à faire face à sa plus grande frayeur. Elle frappe alors à la porte de son placard en demandant : « Toucan, es-tu là ? » à plusieurs reprises, sans réponse. D’un geste déterminé, elle tire vers elle les deux battants de la porte. À l’intérieur, elle trouve un toucan, comme elle l’avait deviné, en train de dormir.

N’étant plus effrayé, mais en colère, elle lui hurle : « Toucan ! Hors de chez moi ! Non, mais tu te croies où ? »

Là, le toucan, honteux qu’il est, baisse la tête et dit : « Jolies chaussures».

La menace des squats toucan
La menace des squats toucan

Histoire inintéressante #27

C’est l’histoire de Davy, un jeune homme partiellement chauve qui se rend compte qu’il vient de perdre sa montre. Pour la retrouver, il revient sur ses pas, fait trois fois le tour du pâté de maison, essaie de se souvenir de l’endroit où il a pour la dernière fois consulté l’heure, tout cela sans succès.  Davy aime être ponctuel et savoir l’heure en tout lieu, si bien que, sur son chemin, il demande l’heure à tous les passants qui, faute à pas de chance, n’ont pas l’heure sur eux.

Davy passe alors devant la boutique d’un horloger.  Voyant là un coup du destin, il entre avec l’intention de s’acheter une nouvelle montre.  Il n’y a personne dans la boutique. Soudain, l’horloger surgit de derrière la caisse coiffé d’un sac à patates et brandissant un peigne à la manière d’une arme.

Se rendant compte de sa méprise, l’horloger, honteux qu’il est, baisse la tête et dit : « Jolies chaussures ».

Un homme face au drame du temps
Un homme face au drame du temps

Correction du bac philosophie ES 2009

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Dans un monde tel que le notre… Non, je plaisante, ne comptez pas sur moi pour céder à la mode de l’introduction dans les dissertations de philosophie. Voilà encore une pratique qui a perdu tout intérêt. Allons-y sans plan, sans problématique et sans idées !

Tout est infiniment technique et ainsi infiniment plus compliqué qu’avant. Jankélévitch s’étonnait d’ailleurs constamment qu’on n’eût pas implanté des piles à l’intérieur des coton-tiges. Pour faire quoi ? Pour qui ? Une question qui n’a jamais arrêté le moindre commercial. Ils pourraient vous vendre un troisième sourcil si on les laissait faire. Ceci est un autre débat cependant. Et pour en revenir au point de départ (oubliez ma digression) je ne peux que m’insurger (dans un premier temps). Je le dis haut et fort : non, le développement technique ne transforme pas les hommes. Tout du moins dans une perspective anatomique. J’ai parlé plus haut d’un sourcil supplémentaire, là il y aurait transformation, mais un sourcil ça se rase donc l’un dans l’autre est-ce que ça fait un aussi gros changement que ça ?  Je laisse la question en suspens pour les candidats au bac de l’année prochaine. Là, je devance une remarque que l’on pourrait me faire en prenant l’exemple des opérations de transsexuels. Par un développement technique chirurgical on peut effectivement transformer les hommes… en femmes. Est-ce alors une réelle transformation ? N’étaient-ils pas déjà un peu transformés dans leur tête sans que les possibilités techniques leur donnent des idées ? Je pose des question, mais comme toujours je ne saurais, humble ignare que je suis, y répondre convenablement.

Parlons maintenant de la transformation des mœurs par le progrès technique. Est-ce parce que l’on possède une télévision HD que l’on n’a plus besoin de se nourrir ? Est-ce parce que l’on a le dernier iphone que l’on a plus besoin d’aller aux toilettes ? Et conduire une voiture électrique, est-ce que cela vous inciterait à cesser de vous laver ? La réponse à toutes ces interrogations profondes et pertinentes est bien sûr l’affirmation négative de sa réalité non hypothétique!

Il aurait pu devenir Marx

Socrate, Platon, Marx, Aristote, tous portaient une imposante barbe, cause de la crainte qu’il avaient du rasage régulier, de par leur peau sensible sujette à l’irritation et à l’insoutenable feu du rasoir. Que n’auraient-ils pas donné pour un des derniers modèles de rasoirs électriques, ou bien ces petites merveilles quatre lames, ces mousses ultra-protectrices ou encore ce baume après rasage fabuleux qui permet à Patrick Dempsey de se raser tous les jours ? Et là, ce confort facial n’aurait-il pas influé sur leurs vues philosophique ? Il est certain que si Marx avait été rasé de près, il aurait eût du succès avec les petites allemandes et aurait laissé le capital tranquille ! Le changement est donc sournois, imprévisible et indémontrable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je demande au correcteur de faire preuve de clémence en notant ma copie.

L’idée que la transformation soit la conséquence du développement technique est en soi contradictoire. Est-ce par celui-ci que, changement humain typique, nous grandissons, vieillissons, mourrons, pourrissons, humbles créatures faibles que nous sommes ? Certainement pas ! Au contraire, de formidables crèmes anti-rides vous conserve le visage dans un état moins calamiteux qu’il ne devrait être, certains disent vous redonner une peau de bébé (transformation biologique inversée dans ce cas ? Hum ?). S’il n’existait pas de dentifrices, vous n’auriez déjà plus beaucoup de dents et certains shampooings anti-chute de cheveux dont je ne tarderais pas à faire l’acquisition vous permettent (c’est ce qu’ils disent en tout cas) de ne pas devenir chauve avant l’heure. Il y a bien là matière à réflexion. Je vous laisse le temps d’un saut de ligne pour vous en imprégner avant de vous livrer ma conclusion.

Nous l’avons vu, d’homme à femme, de vieux à jeune, et de philosophe à coureur de jupons, le développement technique transforme en même temps qu’il ne transforme pas fondamentalement les choses viles et primaires. La réponse courte est donc, comme toujours, « Oui, mais non ».  J’aurais pu être plus convaincant, mais il est tard et ce sujet reste quand même un peu nul. Vous ferez mieux la prochaine fois j’en suis convaincu. Bisoux.

Soy Un Salero

Personne n’est tout blanc ou tout noir, pour reprendre l’expression consacrée, même si celle-ci est fausse lorsqu’elle concerne les albinos et les centre-africains. Quoiqu’il en soit, même eux peuvent être sympathiques – Précisons tout de même que je ne connais aucun albinos et que j’évite tout préjugé racial, sauf lorsque celui-ci concerne un roux. Là où je veux en venir, c’est qu’il y a deux catégories de gens : Ceux que j’aime bien, ceux dont je peux tolérer l’existence et ce Il existe trois catégories de gens : Ceux que j’aime bien, ceux dont je tolère l’existence, ceux que je n’aime pas vraiment et ceux que je ne peux pas du tout supporter. Quatre catégories de gens donc. Il y a aussi ceux qui ne m’intéressent pas, mais comme je ne m’intéresse pas non plus à cette catégorie… enfin, vous comprenez.

Lorsqu’une nouvelle personne fait son apparition dans les environs proches de mon entourage et que je n’arrive pas à décider dans quelle catégorie placer cette personne, je me livre à de petits tests visant à valider ou non mon sentiment de sympathie. Voici quelques uns de mes procédés que vous pourrez utiliser à votre compte :

– Faire partager des remarques sans intérêt sur le monde alentour en prenant l’air surpris et émerveillé de celui que tout étonne. (Ex : « Regarde, cet arbre a des feuilles ! », « Incroyable ! Il y a une boulangerie au coin de la rue ! », « Tu portes des chaussures ! La vache ! », « Simon et Garfunkel, eh bien en fait, ils sont deux ! ») Si votre interlocuteur est consterné ou rit, c’est bon signe, et s’il ne réagit pas, c’est qu’il a un problème dans sa tête. (note : Même une fois le test réussi ou raté, je continue)

– Multiplier les contacts physiques inappropriés envers cet interlocuteur (qui peut aussi bien être une interlocutrice bien entendu). Cela consiste à tripoter pour n’importe quelle raisons ses oreilles, le nez ou les genoux. Là il faut vous faire votre propre idée car les réactions varient suivant les personnes et peuvent être interprétés de bien des façons. Lorsqu’il s’agit d’un interlocuteur, prendre une attitude résolument homosexuelle peut-être instructif (Note : Quoi qu’il en soit, une fois que j’ai commencé je ne peux pas m’arrêter)

– Manipuler, voler, déplacer les affaires du nouveau venu. Il m’arrive souvent, lors d’un repas, d’échanger quatre à six fois mes assiettes, couverts et verres avec la personne avec qui sympathiser avant que l’on ne soit servit. Enfiler son manteau à la place du sien donne de très bons résultats, ainsi qu’utiliser ses affaires de toilettes (parfums, gels, diverses affaires de maquillage) –  Particulièrement amusant (ou pas) dans mon cas lorsque la nouvelle venue est une fille. (Là encore, aucune raison d’arrêter si vous faites ami-ami avec la personne en question)

– Fixer du regard la personne est un de mes passe-temps favoris. Moins elle vous connaît et plus elle pensera que vous êtes un cas clinique de psychopathologie démentielle.  Si elle ne s’énerve pas, ou mieux, qu’elle vous imite, alors vous pouvez être certain qu’elle est digne de votre estime.

– Enfin, (sans vouloir dire que la liste est exhaustive bien entendu) vous pouvez citer régulièrement Cioran ou des répliques de Dora l’exploratrice, ou même les deux en même temps, à tout bout de champ, pour tester le seuil de tolérance de la nouvelle recrue.

Vous pouvez essayer ces choses les unes après les autres, mais faites quand même très attention à ne pas trop en faire, sinon vous deviendrez insupportable.