Chronique de mes pensées hautement philosophiques : Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?

Voici le corrigé de l’épreuve de philosophie du bac 2006. Je ne vais pas faire tous les sujets, juste celui-là.

Sujet : Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?

(La formulation du sujet implique un choix à faire entre ces deux notions qu’il faudra définir dans l’introduction)

Intro:

Le bonheur ou la vérité? le fromage ou le dessert? Le beurre ou l’argent du beurre? Voici quelques exemples de questionnements grotesques propres à l’homme. Comme si l’on ne pouvait jamais avoir les deux ensemble. Je prendrais le beurre et le dessert, mais, en revanche, j’hésite d’instinct entre le bonheur et la vérité. Le bonheur, c’est la joie. La vérité, pas forcément, ça dépend du contexte.(la problématique vient juste après). Dans quel contexte choisir l’un ou l’autre ? (L’inévitable annonce du plan) Après avoir montré que la vérité n’est bonne que quand elle nous arrange, nous apprendrons avec stupéfaction que le bonheur n’est pas mal du tout.

I-La vérité: des fois c’est chouette, mais d’autres fois, non.

(un exemple est toujours utile pour que le correcteur sache que vous savez de quoi vous parlez, ou, le cas échéant, pour qu’il comprenne les conneries que vous êtes en train de raconter)
La vérité ou le bonheur ? C’est une question grotesque, les deux peuvent très bien aller de paire aussi bien qu’ils ne le peuvent pas. Exemple de deux conversations :

Cas 1-La femme: Je nage dans le bonheur.
Le mari: Je te trompe, Cindy !
La femme: C’est pas cool ça, je déprime maintenant.

Cas 2-La femme: Je nage dans le bonheur.
Le mari: Je ne te trompe pas, Cindy !
La femme: Cool, je nage toujours dans le bonheur !

La vérité peut donc être cause du bonheur ou, au contraire, emmerder les gens.
D’une autre manière, on peut très bien faire chier le monde comme Schopenhauer et les autres rigolos et dire que le bonheur n’existe pas, que ce n’est pas la peine de le chercher parce qu’on ne le trouvera pas et qu’au moins, à défaut d’un bonheur inexistant, on aura la vérité pour se consoler et pour être sûr d’être d’en le vrai. Au contraire de tous ces imbéciles qui croient au bonheur parce qu’ils ont trop fumés d’herbe.
(A ce point précis, le correcteur ne peut qu’apprécier votre démonstration parce qu’il a lui même une vie de merde.)
Mon copain cuisinier, qui aurait très bien pu avoir un doctorat de philosophie, disait toujours: « La vérité, y’a que ça de vrai ». Après ça, il n’y a rien à rajouter parce que là je dis « respect, mec. T’as trop raison ». D’un autre côté, il s’est suicidé il y a peu de temps parce qu’on lui avait enfin avoué que son risotto était franchement dégueulasse, comme quoi…(Voilà une superbe transition, j’aurai pu déveloper plus, mais je n’ai pas le temps. En revanche, j’espère que vous avez évités de parler de l’émission « y’a que la vérité qui compte ». Je pense que cela ferait mauvaise impression)

II-Le bonheur, c’est pas si mal !
J’entends souvent dire mon ami Dieu, qui est omniscient et que je connais depuis sa prime jeunesse, qu’il n’est pas heureux. Devant mon étonnement à la suite de cette déclaration, il s’est expliqué: « Tu sais, Abricot, que je sais tout sur tout puisque j’ai tout fait. Eh bien, au risque de me froisser, je crois que tout ce que j’ai fait est passablement nul ». Je lui ai répondu que c’était qu’il n’avait pas confiance en lui, que ce qu’il avait fait n’était pas si mal et qu’il se jugeait trop sévèrement. Il m’a alors donné l’exemple de l’allégorie de la caverne de Platon en me démontrant que les personnages de la caverne ne savaient rien des réalités du monde et qu’ils ne s’en souciaient guère. Il m’a ensuite avoué qu’il aurait aimé être hédoniste ou anarchiste mais qu’il avait peur de devenir schizophrène. Dieu me faisait tellement pitié que je lui ai donné un grand coup de batte de base-ball sur la tête qui l’assomma tout à fait. A son réveil, il ne se souvenait plus de rien et affichait sur son visage le sourire béat des simples d’esprit. Je lui ai rendu un fier service. (Théoriquement, il n’est pas interdit de mettre un peu de fiction dans une dissertation de philosophie. C’est déconseillé en tout cas, mais moi je m’en fous. On aurait pu développer un peu plus ici, mais je suis fénéant.)

La conclusion tant attendue

A la vue des preuves établies ci-dessus, il est entendu que l’on peu choisir ce que l’on veut entre la vérité ou le bonheur pourvu que ce soit en connaissance de cause. Si monsieur le correcteur vient critiquer ma conclusion du fait que je ne réponde même pas à ma problématique, qu’il le fasse. Moi je ne suis pas comme certains philosophes à l’ego surdimensionnés qui pensent avoir réponse à tout sans comprendre rien. Question: Me suis-je simplement fait plaisir ou ai-je par ailleurs établi une vérité profonde ?
(C’est tout ce qu’il fallait faire. Si votre copie ressemble à ce que j’ai fait, vous pouvez compter au minimum 17 si elle est corrigée par une huître non cartésienne. )

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